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Bief de partage et ligne de crêtes

Passage de la ligne de crête : le bief de partage

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En 1826, pour relier la Meuse à la Moselle puis au Rhin, l’idée de Remi de Puydt était d’utiliser les rivières existantes, l’Ourthe d’un côté, la Sure et la Woltz de l’autre, de les rendre navigables en les canalisant tout en en remontant le cours le plus en amont possible.

Entre les deux rivières rendues navigables, il comptait creuser un canal à bief de partage pourvu d’écluses en utilisant les ruisseaux les plus à même de répondre à la problématique particulière de ce genre de canaux.

Qu’est-ce qu’un canal à bief de partage ?

Le bief est un petit canal chargé d’amener l’eau aux roues à aubes de moulins, de scieries ou d’usines de tissage. Ce mot désigne aussi la partie d’un canal de navigation entre deux écluses.

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Le bief de partage d’un canal à bief de partage est la portion de canal dont le plan d’eau a l’altitude la plus élevée. Il se rencontre uniquement sur les canaux reliant deux vallées (canal de jonction) ou qui franchissent une ligne de partage des eaux.

De part et d’autre de cette ligne de partage des eaux, les eaux s’écoulent dans des directions différentes. Elle ne doit pas être confondue avec la ligne de crête bien que, dans notre cas, la ligne de crête est aussi la ligne de partage des eaux.

CMM_Ligne_CreteA ces deux frontières géographiques s’ajoute, sur notre canal, une frontière politique : la ligne de partage suit en effet, grosso modo, la frontière, dessinée en 1839, coupant en deux le duché de Luxembourg. Les eaux s’écoulant sur le versant belge se jettent dans le bassin mosan, les eaux du versant luxembourgeois rejoignant le bassin mosellan.

Problématique d’un canal à bief de partage

Si une rivière possède des sources et des affluents qui l’alimentent, un canal, lui, n’en a pas. Le problème principal de ces biefs de partage est donc leur alimentation en eau. En effet, à chaque fois qu’un bateau franchit l’une des écluses à l’extrémité de ce bief, une certaine quantité d’eau est transférée irrémédiablement à l’aval.

Ecluse_Principe_2Ainsi, à chaque fois qu’une « betchète » quitte, par une écluse, le bief de partage pour descendre d’un côté ou de l’autre de la crête, elle soustrait un certain nombre de mètres cubes d’eau au bief. Cependant la « betchète » ne consomme pas cette quantité d’eau à chaque écluse. Elle l’enlèvera au bief lorsqu’elle descend la première écluse mais cette quantité d’eau vient alimenter le bief inférieur. A chaque nouvelle écluse descendante, on peut considérer que le bateau entraîne donc avec elle ce cubage, qu’elle fait descendre vers la vallée, écluse après écluse.

En quelque sorte, la betchète « descend avec son eau ».

Betchete-4La hauteur d’eau du bief de partage doit rester stable pour que les « betchètes » montantes puissent naviguer et traverser la crête. Le bief de partage ne peut donc pas se vider et il faut trouver un moyen d’y amener de l’eau, d’une façon artificielle, pour compenser les pertes en éclusage.

C’est pourquoi un canal ne franchira jamais une crête au point le plus haut. Il y aura toujours un point plus haut en altitude que le bief lui-même.

S’offrent alors deux possibilités: soit détourner les sources plus hautes que le bief et les amener par une rigole vers celui-ci, soit aménager un ou plusieurs réservoirs dans les hauteurs qui surplombent le bief, réservoirs qui collecteront d’autres sources et récupéreront les eaux de pluie.

Ces deux solutions seront utilisées pour le bief de partage de Bernistap et feront l’objet d’une étude ultérieure.

Ligne_Partage_eaux_Coupe

La portion du canal Meuse – Moselle de Bernistap à Hoffelt est donc bien un bief de partage. Ce bief, long de 5 km environ, est partagé en 3 parties : une tranchée d’approche d’1 km de part et d’autre d’un souterrain dont la longueur totale aurait avoisiné les 2,5 km.

La ligne de crête – et la frontière actuelle – traverse géographiquement le souterrain à peu près en son milieu. A cet endroit, le bief de partage est à une profondeur d’une soixantaine de mètres sous la ligne de crête.

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Sources et références

  • Wikipedia – Le bief de partage
  • Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie

http://www.sn-nord-est.developpement-durable.gouv.fr

  • De l’écluse à sas à la jonction des mers – L’imaginaire de la navigation intérieure en France au xviie siècle

http://www.cairn.info/revue-hypotheses-2005-1-page-187.htm#retournoteno13

< Article du 18/09/2013 >

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