Un Canal et des Hommes

Accueil » De 1830 à aujourd’hui » Visites du souterrain

Visites du souterrain

Une visite du souterrain en 1976

En 1976, alors que le bief de partage et le tunnel appartenaient encore à un propriétaire privé, 2 visites furent entreprises qui donnèrent lieu chacune à un rapport circonstancié.

Voici le premier compte-rendu de ces visites, fourni par Georges Pasquasy avec l’aimable autorisation de L. Petit.

Ce rapport est particulièrement intéressant car il apporte un certain nombre d’éléments nouveaux que nous analyserons dans un prochain article.

Rappelons qu’actuellement toute visite du tunnel est strictement interdite et d’ailleurs beaucoup plus dangereuse qu’en 1976.

Canal de Bernistap

« Le canal de Bernistap n’est qu’une infime partie d’un ouvrage qui devait relier le bassin de la Meuse à celui de la Moselle. Ce projet avait été conçu sous le règne du roi de Hollande, Guillaune 1er, qui gouverna nos régions de 1815 à 1830.

Le lecteur désireux d’une vue d’ensemble à ce sujet consultera utilement l’ouvrage de M. Louis Lefebvre, « Le canal des Ardennes au temps de Guillaume 1er, Arlon, 1942.

C’est à la lecture de ce travail que l’idée d’une visite du souterrain nous est venue. Cette visite, du 11 septembre dernier, sera certainement renouvelée car elle fait naître plusieurs questions.

Remarque : ce qui va suivre n’est qu’un compte-rendu de visite et ne prétend pas être un travail à caractère historique.

Equipe :

3 personnes : L. Petit, J. Pudvoye, R. Mërynck. Deux visiteurs dans le canot pendant que le troisième restait à l’extérieur. En cas d’accident, l’alarme pouvait être ainsi donnée rapidement.

Matériel :

  • Un canot « Sporthyak » de 2 m. (coque rigide)
  • Une paire de talkies (impossible de les faire fonctionner sous terre)
  • Deux casques en plastique
  • Un double-mètre
  • Une lampe torche
  • Deux appareils photographiques

Durée de la visite : environ deux heures

Observations

Elles sont forcément limitées pour cette première visite et avec un si faible éclairage.

Le canal souterrain

  • les barres métalliques scellées dans les murailles

Hauteur des barres : 0,90 m.

Distance entre chacune d’elles : 4 m. A ce sujet, nous croyons utile de signaler qu’il ne s’agit pas d’une évaluation mais d’une mesure.

Des auteurs d’articles de journaux estiment l’écartement à 6 et parfois même 10 m.

Nombre de barres : sur la muraille de droite, en se dirigeant vers le fond, il en existe 63. Les traces d’une barre manquante sont encore visibles. Donc, au total : 64 barres. Ensuite, les barres (destinées au halage des péniches) sont remplacées par des étriers métalliques scellés dans la voûte.

  • La voûte :

toute la partie accessible du tunnel est voûtée. Il y a cependant lieu de signaler que l’aspect du tunnel n’est pas uniforme. Une première partie est réalisée entièrement en briques, y compris ce qui est sous eau. Dans une deuxième partie, la voûte, toujours en brique, repose sur deux murs de moellons bien taillés. Ils sont très lisses. La troisième partie n’est pas complètement terminée et la voûte de briques repose sur le roc.

  • L’eau :

d’une limpidité parfaite. Le fond est nettement visible, même avec un éclairage très faible. L’absence de lumière en ces lieux explique facilement que nous n’ayons pas relevé de traces apparentes de vie aquatique.

D’assez loin on entend, venant du bout du souterrain, le bruit caractéristique d’un écoulement d’eau. Bien que 1976 soit une année marquée par une sécheresse persistante, nous n’avons mesuré sur la muraille qu’une baisse de niveau d’eau de 40 cm.

Au sujet de la température de l’eau, nous n’avons pas de mesure ; toutefois, elle n’incitait pas à la baignade.

La profondeur de l’eau a été notre plus grand sujet d’étonnement. Nous l’évaluons à 2,50 – 3 m. Reste à vérifier.

  • Fin de la partie sous eau :

le creusement du tunnel se faisait par paliers. Arrivés au bout du plan d’eau,il nous a fallu quitter le canot et continuer à pied. Cette partie est également voûtée. On dispose, pour marcher, des deux tiers de la largeur du souterrain. Le tiers restant, à droite en allant vers le fond, est utilisé comme drain. La couche de vase qui tapisse le fond de ce drain correspond, à deux ou trois centimètres près, à la hauteur d’une botte…

  • Le bout du souterrain :

la progression est arrêtée par un éboulement. Quelques mètres avant l’éboulement, on rencontre deux pans de murs perpendiculaires à la voûte. L’ensemble suggère l’emplacement d’une porte. A quoi servaient-elles ?

Un peu avant les deux murs, le drain prend naissance : il recueille l’eau qui sort de l’éboulement et s’écoule sur le sol. Derrière le mur de gauche, au ras du sol, on peut apercevoir une petite niche carrée. Elle permet de remarquer la roche qui en forme le fond et les deux épaisseurs de briques qui constituent la voûte. Quelle était la destination de cette niche ?

  • L’éboulement :

faute de matériel, il ne nous est pas possible d’affirmer, pour l’instant, la distance exacte parcourue depuis l’entrée. Toutefois, quelques points de repères nous permettent une estimation : environ 260 m. sur l’eau en longeant les barres, x mètres sans barres, environ 100 m. hors de l’eau. Le tout permet une approximation de 400 à 450 m. M. Lefebvre signale l’existence du premier puits (aération et extraction) à 442 m. de l’entrée.

En prenant l’axe du souterrain par les champs, on trouve effectivement la trace de ce premier puits. Dès lors, il est permis de se poser la question : l’éboulement est-il un véritable effondrement de la voûte ou tout simplement le fait du remblaiement du puits ?

Encore une chose à vérifier.

Toujours d’après Monsieur Lefebvre, les travaux de percement du tunnel étaient réalisés en un seul morceau de 800 m. de long, à partir de l’entrée. Il y aurait donc derrière cet éboulement (ou remblai) la continuation du tunnel.

A en juger par l’importante quantité d’eau qui s’écoule, la galerie est vraisemblablement noyée.

Le canal extérieur : aux abords du tunnel

Avant de sortir définitivement le bateau de l’eau, nous sommes allés voir de près cette barrière de végétation qui paraît limiter le canal. Il s’agit d’une véritable petite butte qui barre le passage et ne laisse, vers la droite, qu’une petite issue pour l’écoulement de l’eau.

Divers

  • le souterrain est rigoureusement rectiligne ;
  • le plafond porte, par endroits, des taches blanchâtres semblables à du salpêtre, ainsi que de minuscules stalactites ;
  • après une autre visite nous serons en mesure de compléter le présent compte-rendu. »

Robert Moerynck et Louis Petit

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :